L’horloge astronomique à automates, aussi appelée « Horloge de Pau », est une des pièces les plus insolites de la collection du musée du Temps. Cette œuvre monumentale a été réalisée entre 1929 et 1949 par Amédée Bernardi.

Autodidacte, comme le Facteur Cheval, qui a construit son palais à Hauterives, ou Raymond Isidore, surnommé Picassiette, à Chartres, Amédée Bernardi a construit son horloge seul et sans formation préalable. Comme eux, il crée en dehors des cadres académiques.
À ce titre, son travail peut être comparé au courant de l’art brut, une forme d’art libre et spontanée, créée par des passionnés qui suivent leur imagination et leur créativité, sans chercher à respecter les normes.
Si l’horloge d’Amédée Bernardi n’est pas une œuvre d’art au sens habituel du terme, elle est une création d’horlogerie populaire, singulière et profondément personnelle.

De très grande taille, entièrement faite en bois, elle rassemble près de 75 personnages conçus pour s’animer, 50 métiers y sont représentés. Côté technique, elle est composée de 14 cadrans, de près de 20 complications, de 4 poids de 25 kg, de 18 cloches et de 100 roues. L’horloge témoigne ainsi de la patience et de la créativité d’un homme passionné.

Avant d’intégrer les collections du musée, l’horloge séjourne dans un centre de restauration à Vesoul. Elle est traitée pour lutter contre une infestation d’insectes xylophages. Pendant près de deux ans, elle est nettoyée, démontée en partie et étudiée.
En 1996, elle est transférée à Mamirolle, dans les ateliers de l’entreprise Prêtre, spécialisée dans la fabrication et la restauration d’horloges d’édifices, d’automates et de carillons. L’objectif est de remettre en mouvement les automates et de moderniser le mécanisme grâce à une électrification. Malgré plusieurs essais et démonstrations publiques, les décennies d’utilisation de l’horloge par Amédée Bernardi ont fragilisé l’ensemble. Le projet de remise en fonctionnement est abandonné et l’horloge rejoint les réserves du musée.

En 2025, l’horloge est confiée à un élève-restaurateur de la Haute-Ecole Arc de Neuchâtel, en Suisse, sous la supervision d’une restauratrice agréée pour travailler sur les collections des musées de France. L’objectif n’est plus de la faire fonctionner mais de la restaurer pour permettre aux visiteurs d’en admirer la richesse et la complexité.

C’est pourquoi l’extraordinaire horloge d’Amédée Bernardi vous est dévoilée pour la première fois depuis plus de 20 ans.
Venez vite découvrir l’aventure de cet autodidacte singulier et inventif !

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